1.2

Aux côtés
des pouvoirs publics

Prévention et gestion des risques météorologiques

RHYTMME : un outil pour gérer les risques naturels en région PACA

Visualisation de la plateforme RHYTMME.
Visualisation de la plateforme RHYTMME.

La région Provence-Alpes-Côte d'Azur est particulièrement vulnérable aux inondations, crues torrentielles et mouvements de terrain. Météo-France et IRSTEA ont lancé en 2008 le projet RHYTMME (Risques hydrométéorologiques en territoires de montagnes et méditerranéens) dont l'objectif était le développement d’une plateforme Internet, alimentée par des données radars et dédiée à la surveillance des pluies et des risques associés. Dans le cadre du projet, trois nouveaux radars en bande X ont été installés sur la montagne de Maurel (Alpes-de-Haute-Provence), au mont Colombis et à Vars (Hautes-Alpes). Depuis 2016, les données radar de Météo-France alimentent en temps réel une plateforme Internet opérationnelle permettant un suivi des précipitations sur la région. Ces données sont complétées par des informations statistiques, hydrologiques et morphologiques permettant de qualifier le caractère plus ou moins exceptionnel des précipitations et du débit des cours d'eau et d'évaluer l'imminence probable de laves torrentielles ou de mouvements de terrain. Les collectivités et les services de l’État des départements des Hautes-Alpes, du Var, des Alpes-Maritimes et des Bouches-du-Rhône accèdent à cet outil depuis 2016. Le déploiement se poursuivra en 2017 sur les départements des Alpes-de-Haute-Provence et du Vaucluse.

Un système d'avertissement renforcé pour les préfectures

Un système d’avertissement renforcé pour les préfectures

Soucieux d’améliorer l’information nécessaire à la chaine d’alerte de l’État, Météo-France a mis en place, au printemps 2016, un nouveau système  d’avertissement par SMS à destination des préfectures. Ce service permet notamment de prévenir le personnel préfectoral d’astreinte des modifications qui interviennent sur le niveau de vigilance (verte, jaune, orange ou rouge) en cours sur leur département ou les départements voisins. Il complète le dispositif existant en matière de prévention, d'anticipation et de gestion des risques météorologiques.

Gestion des catastrophes naturelles : plus de 2000 expertises en 2016

Crue de la Seine à Paris, le 4 juin 2016. © Météo-France, Alain Soulan.
Crue de la Seine à Paris, le 4 juin 2016.
© Météo-France, Alain Soulan.

Les événements pluvieux qui ont touché une grande partie nord de la France, fin mai et début juin 2016, ont mobilisé les équipes de Météo-France au-delà de l'anticipation et du suivi du phénomène. Expert auprès de la commission interministérielle Catastrophes naturelles (CatNat), l’établissement a réalisé, dans des délais très courts (moins d'une semaine), des rapports départementaux pour la vingtaine de départements touchés, et ce pour permettre aux sinistrés une prise en compte plus rapide de leurs dommages par les assurances.

Au total, sur l'année, des expertises sur plus de 2 000 communes en métropole et outre-mer ont été réalisées.

Politiques d’adaptation au changement climatique

Nouvelles simulations climatiques suite à l'accord de Paris

Emissions mondiales nettes de CO<sub>2</sub> et réchauffement de la température moyenne mondiale par rapport au début du XXe siècle.
En haut : émissions mondiales nettes de CO2. Les estimations des émissions passées (jusqu'en 2014) sont représentées par la courbe en pointillés noir. Plusieurs scénarios d'émissions futures sont également représentés : scénarios de référence RCP et trois nouveaux scénarios intégrant les intentions des États d'ici 2025-2030 (INDC : Intended Nationally Determined Contributions).
En bas : réchauffement de la température moyenne mondiale par rapport au début du XXe siècle. La plage en grisé correspond à l'objectif de la COP21, compris entre 1,5 et 2 °C. Les courbes en couleur représentent les évolutions de température sous les trois nouveaux scénarios. Le scénario de référence aux émissions les plus faibles est représenté par la courbe en noir. © Météo-France, Matthias Rocher et Roland Séférian

La 21e session de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), à Paris en 2015, s’était achevée sur la signature d’un accord mondial pour limiter le réchauffement planétaire à 2 °C en moyenne par rapport au début du XXe siècle. Cet accord est entré en vigueur le 4 novembre 2016. Il engage les États à réduire drastiquement leurs émissions de CO2 d’ici 2025-2030.

Aucune simulation climatique réaliste intégrant les objectifs de la COP21 n’était jusque-là disponible. Afin d’évaluer les conséquences multi-sectorielles (économiques, énergétiques…) et climatiques de tels engagements, les climatologues
de Météo-France, associés aux économistes du CIRED (Centre international de recherche sur l'environnement et le développement), ont élaboré en 2016 les premiers scénarios d’émissions de CO2 de 2015 à 2100 compatibles avec l'objectif de 2 °C et passant par le niveau prévu pour 2030. Ces scénarios, qui impliquent tous des émissions négatives de CO2 à partir de 2060-2070, ont été évalués en matière de réchauffement planétaire par le modèle de système Terre CNRM-ESM1 du Centre de recherche de Météo-France. Le modèle macroéconomique IMACLIM, développé au
CIRED, a ensuite été utilisé pour estimer par quelles transformations structurelles du secteur de l'énergie se traduisent ces scénarios compatibles avec les objectifs de la COP21. IMACLIM indique qu’à partir de la moitié du XXIe siècle, le mix énergétique mondial devra être dominé par les énergies non émettrices de CO2 (biomasse, énergies hydraulique, éolienne, solaire ou nucléaire). Cependant, comme les énergies fossiles (pétrole, gaz et charbon) ne pourront pas être complètement abandonnées, les émissions de CO2 vont se poursuivre. Le déploiement de technologies d’émissions négatives telles que la production d'énergie par biomasse associée à une séquestration massive du CO2 sera donc indispensable pour atteindre les objectifs climatiques de la COP21.

Tour Eiffel sur globe

Aider les territoires de montagne à faire face au changement climatique

Stock nival
Stock nival : simulations climatiques pour le scénario d’évolution RCP 4.5 Hautes-Pyrénées.

Les écosystèmes de montagne et les activités économiques liées au tourisme hivernal sont parmi les plus sensibles au changement climatique, et ces enjeux justifient le développement prioritaire de services climatiques pour l’appui aux politiques d’adaptation. Les projets GICC/ADAMONT dans les Alpes et INTERREG/CLIM’PY dans les Pyrénées ont ainsi pour objectif de renforcer les outils et les diagnostics disponibles sur ces territoires. Ils associent le Centre de recherche et les services opérationnels de Météo-France, en partenariat avec des organismes extérieurs, notamment IRSTEA et le CNRS.

Depuis le lancement du projet ADAMONT en 2015, près de 30 simulations climatiques de l’ensemble EURO-CORDEX (projections climatiques à l’échelle de l’Europe) ont été traitées pour forcer le modèle de neige Crocus de Météo-France et établir de nouveaux scénarios d’évolution de l’enneigement par massif, altitude et exposition sur les massifs montagneux français au cours du XXIe siècle. La prise en compte du damage et l’apport de la neige de culture en complément de l’enneigement naturel ont aussi été étudiés pour préciser les impacts des variations climatiques sur l’activité de ski dans les stations.

Le projet CLIM’PY, lancé en juillet 2016, vise quant à lui à affiner ce diagnostic à l’échelle d’un massif transfrontalier, en lien étroit avec les équipes espagnoles et andorranes. Au-delà des travaux sur l’évolution observée et à venir du climat des Pyrénées (phénomènes extrêmes et enneigement), CLIM’PY s’inscrit dans un programme d’appui au développement de l’Observatoire pyrénéen du changement climatique, qui comporte différents volets sur la biodiversité, la forêt, les risques naturels et la ressource en eau.

Des études de risques pour l'éolien offshore

Eoliennes

En 2016, Météo-France a affirmé son positionnement dans le domaine des énergies renouvelables en initiant une collaboration avec la Direction de l'énergie et du climat du ministère de l'Environnement, dans le cadre des travaux préliminaires au lancement du 3e appel d’offres pour les parcs éoliens offshore.

L'établissement a été retenu pour conduire des études de risques dans les zones identifiées comme propices au développement de l'éolien offshore au large de Dunkerque. Cette étude intègre un volet mesure en mer reposant sur la mise à l'eau et l'exploitation d'une bouée portant un lidar et la réalisation d’un ensemble d’études. Celles-ci visent à évaluer les risques relatifs au vent, à la houle, aux vagues extrêmes et à la turbulence (cisaillements verticaux du vent) pouvant avoir un impact sur le fonctionnement des éoliennes.

Former les professionnels aux enjeux du changement climatique

Salle de cours

En 2016, Météo-France a ouvert à un public externe sa formation à distance sur le changement climatique et l’utilisation du portail de données climatiques DRIAS. Baptisée CICCLADE (Comprendre les impacts du changement climatique par une formation à distance), cette formation a pour objectif de répondre aux attentes des professionnels qui souhaitent mieux comprendre les enjeux du changement climatique. Des stagiaires issus de secteurs professionnels très variés – établissements publics, agence de l’eau, grandes métropoles, ministère de l’Environnement, sociétés d’assurance ou encore journalistes – ont pu en bénéficier. L’offre est reconduite en 2017.

Soutenir les armées

Soutenir les armées

frégate de défense aérienne Chevalier Paul f
Le porte-avions Charles de Gaulle. © Marine nationale.

Météo-France assure l’appui météorologique au ministère de la Défense, en conformité avec les dispositions de son décret fondateur, complétées, pour ce qui concerne les armées, par l’arrêté interministériel du 8 septembre 1998. Le soutien météorologique aux forces contribue de manière déterminante à la sécurité et au bon déroulement des opérations militaires. Il participe directement à l’efficacité opérationnelle des armées et à leur autonomie pour l’appréciation des situations.

2016 a vu l’aboutissement de plusieurs actions structurantes, notamment :
– la sortie de la première promotion interarmées de sous-officiers météorologistes. Ces derniers prennent désormais part au cursus de formation des Techniciens des métiers de la météorologie de l’École nationale de la météorologie. Cette formation qualifiante, est en pleine conformité avec les exigences de l’Organisation météorologique mondiale et de l’Organisation de l'aviation civile internationale en météorologie aéronautique ;
– la rénovation du poste de travail des météorologistes militaires, avec la livraison par Météo-France de la première version de la suite logicielle SYNPA. Pour mener à bien ce projet, Météo-France et les armées ont réalisé un important travail préalable visant à intégrer les logiciels dans le périmètre propre à la Défense. Les premiers mois d’exploitation opérationnelle interarmées de SYNPA laissent augurer une parfaite appropriation du système par ses utilisateurs finaux ;
–la finalisation des conventions délimitant le partage des responsabilités entre Météo-France et les armées pour la fourniture du service météorologique sur aérodromes militaires. En août 2016, et à l’instar de ce qui avait été fait l’année précédente pour les aérodromes militaires mixtes, un protocole complémentaire concernant les aérodromes militaires non ouverts au trafic civil a été conclu.

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