1.2

Aux côtés des
pouvoirs publics

Au service des armées

Météo-France assure la satisfaction des besoins du ministère des Armées et la formation des sous-officiers météorologistes en conformité avec les dispositions de son décret fondateur (décret n° 93-861 du 18 juin 1993 modifié), complétées, pour ce qui concerne les armées, par l’arrêté interministériel du 8 septembre 1998.

Le soutien météorologique aux forces est déterminant dans la mesure où :

  • il contribue à la sécurité et au bon déroulement des opérations militaires ;
  • il conditionne la performance des systèmes d’armes ;
  • il permet une optimisation capacitaire ;
  • il participe à la capacité d’appréciation autonome et souveraine des situations et à l’efficacité opérationnelle des armées.

Deux conventions-cadres décrivent l’appui pluriel apporté par Météo-France à ses deux principaux partenaires du ministère que sont l’État-major des armées d’une part, la Direction générale de l’armement d’autre part.

Ces partenariats trouvent une illustration au travers de trois exemples présentés pour l’année 2017.

L’expertise de Météo-France au service de la Direction générale de l’armement

 

La Direction générale de l’armement (DGA) a pour mission essentielle la conduite des programmes d’armement pour le compte des armées. Or, les systèmes d’armes d’aujourd’hui, et plus encore ceux de demain, requièrent pour l’optimisation de leurs performances la prise en compte de nombreux paramètres météorologiques. Pour mieux maîtriser l’utilisation de ces paramètres dans les programmes qu’elle conduit, la DGA s’appuie sur l’expertise de Météo-France. Ainsi en 2017, l’établissement s’est vu confier un marché d’études et d’ingénierie en matière de climatologie et de prévision ainsi que des prestations spécifiques au programme Géode4D, futur outil au service des météorologistes militaires qui succédera à la suite logicielle SYNPA au sein des armées.

La connaissance fine du flux de données et produits de Météo-France est nécessaire à la DGA pour alimenter son futur outil dont la réalisation est prise en charge par Meteo France International, au sein d’un groupement industriel mené par ADS (Airbus Defence and Space). La Direction des services météorologiques de l’établissement assure la maîtrise d’œuvre de ce très important marché et s’appuie sur les bureaux d’étude des Directions interrégionales.

Arrivée de l'A400M sur la Base aérienne projetée en Jordanie.
Arrivée de l'A400M sur la Base aérienne projetée (BAP) en Jordanie. © M. Buis/Armée de l'air/État-major des armées

 

Le soutien de Météo-France à l’École de l’aviation légère de l’armée de terre

C’est à l’École de l’aviation légère de l’armée de terre (EALAT) de Dax que sont formés les pilotes d’hélicoptères des services de l’État (armées, gendarmerie, sécurité civile). Les cursus suivis par les élèves se doivent d’être conformes à une réglementation internationale, en particulier les modules de météorologie aéronautique. Dans ce cadre, l’EALAT bénéficie du soutien de Météo-France ; sous la tutelle pédagogique de l’École nationale de la météorologie, des spécialistes en météorologie aéronautique de la Direction interrégionale Sud-Ouest dispensent, à Dax, près de 300 heures de cours par an.

L'évolution de l’outil SYNPA des météorologistes militaires : le projet PostSyn-armées

L’outil SYNPA, suite logicielle de Météo-France utilisée par les météorologistes militaires en métropole, doit, pour être utilisable en opérations extérieures ou sur les navires de la Marine nationale, être complété de fonctions spécifiques permettant, par exemple, une utilisation autonome sur ordinateur portable (poste standalone). Pour ce faire, l’établissement s’est doté du projet PostSyn-armées qui devrait livrer aux armées, fin 2018, un outil SYNPA2. Ce dernier deviendra ainsi l’outil unique des météorologistes militaires, alimenté en données et produits de Météo-France et adapté à une utilisation en tout lieu. SYNPA2 a vocation à perdurer jusqu’à l’arrivée du futur système Géode4D.

Prévention et gestion des risques météorologiques

Vers une vigilance infra-départementale

Afin de renforcer la pertinence du dispositif de vigilance météorologique et de mieux répondre aux attentes des autorités et du public, Météo-France a engagé, en 2017, les premiers travaux visant à dessiner les contours de la vigilance météorologique à l’échelle infra-départementale. La présentation de la carte de vigilance, les bulletins de suivi et les conseils de comportement associés évolueront, à terme, en parallèle des outils permettant de les produire et de les diffuser. Ce vaste chantier, prévu sur plusieurs années, a commencé en 2017 par une enquête sur la perception du dispositif par le public et les médias. Cette enquête a mis en évidence plusieurs éléments d’amélioration en matière de présentation et d’accompagnement de la carte, notamment sur les aspects pluie/inondation. Tout en travaillant à affiner le besoin, en étroite collaboration avec le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Transition écologique et solidaire, Météo-France a débuté en 2017 les premiers travaux sur l’évolution des outils et méthodes de production.

Appui à la gestion de crise

En complément des outils extranets, des visioconférences et des productions spécifiques sous forme de bulletins à destination des autorités de gestion de crise, principalement au ministère de l’Intérieur, Météo-France a lancé, en 2017, les premiers tests visant à alimenter les outils de suivi des crises en temps réel, en informations météorologiques de base. À travers l’enrichissement de ces outils, les services de la sécurité civile pourront à terme améliorer la gestion des dispositifs de secours en période de crise.

Gestion des catastrophes naturelles : intervention en urgence concernant les cyclones Irma et Maria

La prévention des risques météorologiques se fait notamment à travers des actions d’information du public. C’est le cas, par exemple, de la campagne sur les épisodes de précipitations cévenoles de l’automne 2017, réalisée en partenariat avec le ministère de la Transition écologique et solidaire.

Mais Météo-France intervient aussi auprès de la commission interministérielle chargée de se prononcer sur l’état de catastrophe naturelle. L’établissement produit des rapports permettant l’instruction des dossiers. Ainsi, les événements cycloniques Irma et Maria, intervenus en septembre 2017 et qui ont touché les Antilles, ont mobilisé les équipes de Météo-France au-delà de l'anticipation et du suivi du phénomène. En effet, en tant qu'expert météorologique auprès de la commission interministérielle catastrophes naturelles, Météo-France a dû, dans le cadre d'une procédure d'urgence mise en place en 2014 par les pouvoirs publics, réaliser très rapidement des rapports vent cyclonique et inondation pour les départements touchés. Ces expertises facilitent la prise en compte rapide des dommages par les assurances.

Ces épisodes ne sont pas les seuls puisque tout au cours de l'année 2017, les centres météorologiques ont dû mener des travaux auprès de la commission catastrophes naturelles pour plus de 650 communes supplémentaires tant en métropole qu'en outre-mer.

Enfin, en 2017, l’établissement a rédigé un rapport national concernant la sécheresse qui a frappé une grande partie de la métropole. Ce rapport sera étudié courant 2018 par la commission.

Évaluer le service rendu aux communes en matière d’avertissement sur les pluies intenses

Exemple de cartographie APIC.
Exemple de cartographie APIC. © Météo-France

Depuis 2011, le service Avertissements pluies intenses à l’échelle des communes (APIC) accompagne les maires, préfectures et services de prévision des crues lors d’épisodes pluvieux intenses. Ce produit gratuit s’appuie sur la caractérisation des pluies observées par le réseau radar de Météo-France pour émettre des messages d’avertissements automatiques adaptés à l’échelle communale. Depuis mars 2017, le portail APIC héberge en outre le service Vigicruesflash, opéré par le réseau Vigicrues et visant à avertir les communes du risque de crue rapide sur des cours d’eau non surveillés par la vigilance crue.

Pour mieux connaître l’usage des APIC au niveau communal et compléter les retours collectés auprès des partenaires institutionnels, l’établissement a lancé, durant l’hiver 2016-2017, une enquête de satisfaction auprès de ses abonnés (19,2 % des communes de métropole).

La démarche, réalisée en concertation avec la sécurité civile et le SCHAPI (Service central d'hydrométéorologie et d'appui à la prévision des inondations), a été très bien perçue. Avec 1 082 réponses à l’enquête en ligne, complétées par des interviews dans 11 communes de tailles et problématiques variées, elle a révélé un degré de satisfaction élevé concernant les APIC : sur 672 communes ayant reçu un message d’avertissement en 2017, plus de 85 % indiquent ainsi que les informations fournies étaient satisfaisantes.

Plusieurs axes d’amélioration ont été identifiés : renforcer la communication pour une meilleure utilisation et compréhension du service dans un contexte de crise où se superposent différents niveaux d‘informations, poursuivre l’amélioration des bulletins d’avertissements, instruire et répondre à des besoins nouveaux, notamment ceux des intercommunalités.

Découvrez les autres chapitres de la partie

1.4 Météo-France, leader des services ​​​​​​​climatiques et météorologiques